Nouvelle polémique autour du geste de Benoît XVI, qui a célébré la messe en public en tournant le dos à l'assemblée. Les uns le déplorent, les autres s'en félicitent, tous s'accordent à voir là un signe montrant que le pape est favorable à un "retour en arrière".
Régression ou pas, je vous donne à méditer ces quelques phrases d'un ami, jeune père de famille, qui ne trouve pas sa place en ce moment dans sa paroisse :
Moi, ce qui m'a tenu dans l'Eglise, c'est des messes où il y avait un temps de partage au milieu, des messes tellement rapides que ça donnait envie d'y retourner le lendemain, des messes de scouts où on était dehors, où on ajoutait des temps scouts dans la messe... Mais pour une messe originale, combien de messes chiantes comme la lune ? (...) Tant que la messe, ce sera "on bloque une heure dans la journée pour aller écouter le prêtre et trois textes, chanter et engueuler nos enfants qui courent dans les allées", je crains que les tratras et les vieux restent les rois de la messe.
Je rajoute mon petit grain de sel : une assemblée qui chante bien, où la Parole de Dieu est audible par tous, dans laquelle chacun se sente accueilli tel qu'il est (et donc avec les petits !!!), présidée par un prêtre qui a le souci d'établir une relation avec les personnes présentes et d'offrir une homélie qu'il a pris le temps de travailler, des célébrations au cours desquelles tous et chacun puissent faire vraiment à Dieu l'offrande de leur vie la plus quotidienne et lui porter leurs préoccupations, leurs peines, leurs joies, ça peut se faire et ça change tout.
Enfin, et pour conclure : il en faut pour tous les goûts. C'est ça la modernité, la possibilité offerte à chacun de prier Dieu là où il en est dans sa démarche personnelle. Je comprends parfaitement que des gens qui ont perdu leurs racines chrétiennes éprouvent le besoin de renouer avec des rites qui sembleront passéistes à certains, mais certainement pas à ceux qui ne les ont jamais connus. Et en cela, je pense que ce qu'a fait Benoît XVI n'a rien de ringard, mais au contraire va précisément dans le sens de cette modernité.