Histoire d'un jeune qui aime son métier.
Allez, on va l'appeler Fabrice. Il habite un village, à quelques kilomètres d'une petite ville de Côte d'Or. Il a vingt ans, sa maman l'élève seule avec sa petite sœur. Il passe son CAP et pour cela il suit une formation à Dijon.
Comme ils n'ont pas d'argent dans la famille, il ne loge pas à Dijon. Il se lève le matin avant six heures, va à la gare (bus d'abord, puis 1h de train), commence sa journée à 9h dans le salon de coiffure où il est en stage, reprend son train à 19h30, puis rentre à pied jusque chez lui parce qu'il n'y a plus de bus.
A midi, il s'est arrêté deux heures pour manger du pain.
Il n'a pas non plus d'argent pour prendre le train : les amendes s'accumulent, mais il s'en fiche, car, dit-il, il ne connaît pas les contrôleurs qui le verbalisent. C'est ce qui lui permet de garder (un peu) l'estime de lui-même.
En ce moment, il attend qu'on lui verse enfin la bourse à laquelle, paraît-il, il a droit. Ça lui permettrait de payer le train, et de trouver une chambre à Dijon. Il aimerait bien aussi trouver un coiffeur qui le prenne en apprentissage.



