Pourquoi, sur un sujet aussi essentiel que l'accompagnement de la fin de la vie, les personnes qui sont chargées de réfléchir et de prendre des décisions tentent-elles, au risque de la malhonnêteté, de faire passer leurs idéologies avant la recherche de la vérité ?
Gaétan Gorce, député de la Nièvre, regrette que la mission Léonetti exclue l'instauration d'une "exception d'euthanasie". Il parle de "personnes qui ne se voient proposer aucune issue, ni juridique ni médicale, comme c'était le cas de Chantal Sébire".
M. Gorce ne peut ignorer que Chantal Sébire s'était, au contraire, vu proposer plusieurs solutions, qu'elle avait toutes refusées. Continuer à affirmer le contraire, c'est jeter le discrédit sur celles et ceux qui ont courageusement accompagné la fin de la vie de cette femme.
D'autre part, comment ne pas s'interroger lorsque le député déclare que "philosophiquement", il n'est "pas opposé" à la proposition de Laurent Fabius en vue de légaliser l'aide à mourir ? Ce "philosophiquement" veut dire en réalité "dans l'idéal", car M. Gorce déclare dans la phrase suivante que notre société est incapable de la mettre en œuvre. Quel est donc ce changement de société, ces changements de comportements que les partisans de l'aide à mourir appellent de leurs voeux ? Qu'est-ce qu'un idéal que personne ne peut ou ne veut mettre en pratique ?