Message subliminal.
Ecouter "Le téléphone sonne" dans sa voiture le soir sur les routes de l'été, c'est beaucoup de bonheur, avec parfois une montée d'adrénaline qui vous prend à l'écoute de certaines interventions. Ce dernier cas de figure était celui de mercredi : une émission dont le thème était, précisément, le bonheur, en lien -si j'ai bien compris- avec la revue L'Expansion qui se penche sur la question.
Qu'on n'y ait pas parlé de l'Evangile, où le mot de bonheur est l'un de ceux qui revient le plus souvent, passe encore : ça ne fait plus partie du bagage culturel minimum, OK. Mais qu'on y ait distillé à ce point des idées fausses sur le christianisme, sans que personne ne réagisse puisque personne ne sait au juste ce que ça veut dire, là... C'est de la malhonnêteté. La palme revenant, comme de bien entendu, à Michel Onfray, philosophe officiel de la République en passe de prendre la place du regretté et oublié Alain (auteur, tiens, de "Propos sur le bonheur" dont personne ne parle plus...). Onfray ne peut pas ouvrir la bouche sans mettre en cause le judéo-christianisme, coupable de tous les maux de notre pauvre monde : il y voit la cause du matérialisme dans lequel nos sociétés sont engluées, et a même été jusqu'à affirmer que, si l'école publique pratiquait à ce point la culture de l'effort et de la souffrance, c'était parce qu'elle n'était rien moins que l'héritière de la fameuse morale judéo-chrétienne.
Il faut dire que judéo-chrétienne, ça passe beaucoup mieux que judéo tout court. Mais finalement, est-ce moins meurtrier ? Ce genre de procédé, qui affirme sans argumenter, ça s'appelle de la manipulation ; ce sont des quantités de petits messages subliminaux qui s'entassent dans notre mémoire et finissent par construire un monument de haine et de mensonge.


