A nouveau, un commentaire qui demande une réponse publique. Voici la question qui m'est posée par Alice :
Je souhaiterais vous contacter au sujet de la vie après la mort, du problème du Jugement Dernier durant lequel apparemment très peu seront sauvés... Je souhaiterais savoir ce qu'il faut faire ou être pour être sauvés, d'après mes lectures seul le peuple Juif sera sauvé alors que nous sommes tous enfants de Dieu, non? Dieu nous aime n'est-ce-pas? Pourquoi veut-Il nous punir de la sorte dans ce cas? De plus, qu'en sera t'il de nos familles, des êtres qui nous sont chers, devrons nous les voir être condamnés si toutefois nous sommes sauvés? Tout ceci me décourage énormément, je ne comprends plus rien...
D'abord, la question "que faut-il faire pour être sauvé ?" : elle est posée par le jeune homme riche à Jésus, par exemple en
Luc 18, 18-23. La réponse de Jésus tient en deux phrases : d'abord, obéir aux commandements (tu ne tueras pas, tu ne voleras pas...) ; ensuite, suivre Jésus en se détachant de ce qui encombre, et en particulier des richesses. A chacun d'adapter, dans sa vie personnelle, ce dernier conseil, qui ne signifie pas le détachement absolu (impossible humainement et même nuisible), mais la priorité donnée à la suite de Jésus dans tout ce que nous faisons.
Ensuite, qui peut être sauvé ? La question est posée par les disciples dans la suite de l'histoire (
Luc, 18, 26-27), et la réponse donnée par Jésus est la suivante : "Ce qui est impossible pour les hommes est possible pour Dieu". Les hommes condamnent, et nous nous condamnons nous-mêmes, car nous avons du mal à accepter nos échecs ; Dieu, lui, ne condamne pas, il sauve et ne fait que ça. Le problème est que nous lisons souvent la parole de Dieu comme une parole de condamnation, parce que cela rejoint notre propre manière de penser et sans doute aussi cela conforte nos fantasmes. L'idée que "seul le peuple juif sera sauvé" est absente de l'Évangile, autant que je sache. Et quand il y a un dénombrement à ce sujet, par exemple dans l'Apocalypse (7,4), il s'agit de chiffres symboliques (144 000, c'est 12 fois 12 fois 1000) et non réels, et d'ailleurs ce chiffre est complété par un autre : "une foule immense que nul ne pouvait dénombrer, de toutes races, peuples, nations" (
Apocalypse 7, 9) qui indique bien l'infinité de l'amour de Dieu et le fait qu'il n'y a pas que des juifs parmi les élus.
Enfin, dans le mot "jugement" il y a d'abord le mot "juste". Que Dieu nous juge signifie qu'il nous rend juste, qu'il nous "ajuste" à ce qu'il attend de nous ; cela veut dire aussi qu'il rétablit la justice, par rapport à un monde dans lequel cette même justice est souvent défaillante. "Jugement" ne veut donc pas dire simplement condamnation.